Remboursez les 10 milliards !

Où l’on apprend que les 10 milliards qui ont disparu cette année du budget de l’Etat ont été donnés en cadeau aux plus aisés…

C’est passé presque inaperçu, au milieu de la guérilla socialiste, des charrettes de licenciements, des Ministres qui se dézinguent gaiement et des Parlementaires qui amendent follement. Bercy a annonçé un déficit du budget de l’Etat à hauteur de 51 milliards pour 2008 en lieu et place des 41 initialement prévus. Le gap, comme on dit, s’élève à 10 milliards d’euros.

10 milliards, c’est une somme. Ca vaut quand même le coup de s’interroger. Voici une tentative d’explication.

La première mesure du gouvernement a été de decrêter dès 2007 qu’un foyer ne peut pas se départir de plus 50 % de son revenu au profit des impôts. C’était le fameux bouclier fiscal à 50 %. Mesure très critiquée, son coût n’est « que » de 800 millions d’euros par an (qui bénéficient essentiellement à 40.000 contribuables). On est encore loin des 10 milliards. Mais elle était accompagnée d’autres dispositions assez comparables et encore plus coûteuses comme « l’aménagement » de l’ISF (coût 1 milliard d’euros) et « l’allègement » des droits de succession (plus de 2 millards, la plupart des « petites » successions étant défiscalisées, ce sont les gros patrimoines qui ont bénéficié du gros de la ristourne).

Reste, le crédit d’impôt (4 milliards) sur les intérêts d’emprunts immobiliers. Plafonné , il a profité à la même hauteur à tous, aisés ou non (suffisamment riches toutefois pour se lancer dans l’acquisition d’une maison, donc pas les fameux travailleurs pauvres). Enfin, la défiscalisation des heures supplémentaires a probablement moins profité aux cadres supérieurs qu’aux salariés. Un peu de justice… Mais, d’un montant global estimé à 2 milliards d’euros, cette mesure a permis à un salarié d’augmenter son salaire annuel de … 110 euros pour 32 heures supplémentaires réalisées sur la même période.

En revanche, pour les gens qui ne paient pas d’ISF, qui n’ont pas fait de grosse succession, n’achètent pas de maison et dont les boîtes n’ont pas fait d’heures sup, à moins qu’ils n’aient carrément pas de boulot : nada.

Au final, l’ensemble de ces mesures, c’est à dire le « paquet fiscal », dont nous venons de voir qu’il a constitué en un abaissement massif des impôts des plus riches, de quelques miettes aux classes moyennes et de rien du tout pour les plus précarisés, a engendré en 2008 une baisse de 10 milliards d’euros des ressources fiscales de l’Etat. Les mêmes qui manquent aujourd’hui. Tiens, tiens …

Mais peut être que sans le paquet fiscal, le déficit aurait atteint 60, 70 ou 100 milliards d’euros ? Le fameux « choc fiscal ». Peut-être. Observons toutefois que la logique de soutien de la demande (aux ménages, qu’ils soient riches ou pauvres) a été complètement abandonnée dans le plan de relance présenté ces jours-ci. Faut-il une meilleure preuve de l’inefficacité de ce genre de mesure. Allez, faisons simple : on a d’abord vider les caisses pour faire un gros cadeau aux plus aisés après les élections avant de puiser dans les caisses vides pour cette fois-ci s’occuper sérieusement de l’économie. Où est l’intérêt général ? Remboursez les 10 milliards.

Et dire que l’électorat de la droite a été constitué d’une part plus importante qu’à l’habitude de gens modestes. Déçus par les partis politiques que les 30 piteuses ont réduits à l’impuissance mais séduits par la personnalité de celui qui est devenu le Président de la République, ils peuvent maintenant dire à la manière de Renaud « une fois de plus nous nous sommes faits mettre ».

Plus sérieusement, on voit que le gouvernement veut revenir par tous les moyens sur le principe qui veut que l’on donne en impôts une proportion d’autant plus importante de son revenu que celui-ci est élevé, c’est à dire sur la progressivité de l’impôt établie avec la création de l’impôt sur le revenu en 1914. On voit également, qu’il veut bien consentir à quelques aides aux classes moyennes mais vraiment pas grand chose aux personnes en bas de l’échelle. Qu’ils se débrouillent pour remonter et alors on les aidera à acheter des maisons et à les transmettre.

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1 comment so far

  1. […] que les Français mettent leur nez dans la politique. Et puis on a octroyé une aumône fiscale de 10 milliards à nos électeurs fortunés, il faut bien les supprimer ces postes, sinon le déficit va devenir […]


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