Tu es trentenaire, tu réussis dans la vie, deviens libéral…

En ces temps d’anomie politique et d’OPA sur les votes socialistes, à quoi bon s’obstiner à défendre le collectif alors que les catégories fragiles continuent leur  tour de l’échiquier politique, communistes avant 81, frontistes en 2002 et sarkosystes en 2007… Pourquoi ne pas se laisser aller ? Pourquoi ne pas virer libéral ?

A première vue, Sabine Hérold et le parti Alternative libérale qu’elle représente sont plutôt sympathiques. Elle s’inquiète des dérives autoritaires du régime au pouvoir, elle se positionne contre la loi Hadopi, elle analyse comment les bouffonneries de Besancenot servent Sarkozy.

Les choses se gâtent quand on aborde le projet politique. L’Etat doit se cantonner à la police, la justice et le contrôle. Soit. Pour les fonctions un peu moins régaliennes, l’Etat peut déléguer. Ainsi, en matière d’éducation, les parents pourraient payer les officines chargées de l’instruction de leurs rejetons avec des vouchers (des avoirs ,en français) que l’Etat délivrerait en lieu et place du financement de l’Education nationale actuelle.

Se sentant en terre de gauche, Sabine Herold s’est probablement sentie obligée d’affirmer que les vouchers réglerait le problème des ZEP. Et c’est là que tout a dérapé. Selon elle, la mesure permettrait de niveler les dépenses d’éducation, très différentes d’un lycée de centre ville à un collège de banlieue. Après nous être  longuement grattés la tête avec les collaborateurs de vendredi chez qui l’interview se déroulait, nous en sommes arrivés à la conclusion collective que ce système génèrerait des classes moins chargées dans des zones où le foncier est moins cher…

Mais il était temps de parler de la sécu. Et elle nous a encore fait le coup des vouchers … sans en démontrer plus l’intérêt, à part cette foi dans les bienfaits de la concurrence.

Mais on n’a pas envie de taper sur Sabine Hérold. On ne lui a peut être pas permis d’expliquer la cohérence de son projet. Peut-être a-t-elle trop voulu le présenter sous un angle gaucho-compatible.

Pourtant, les commentaires laissés sur les blogs des petits copains, Intox, piratage(s), hypos et reversus viennent confirmer la grande candeur du projet. Ainsi ce commentaire de Guronze sur le blog de Vogelsong :

Le but du “chèque éducation” n’est pas de faire de l’éducation un “business”, mais de permettre à différents types de pédagogies de se mettre en place. Si les lycées sont autonomes, ils devront chercher à attirer le plus d’élèves, et donc à mettre en place les pédagogies les plus appropriées, ainsi qu’à réduire au mieux les frais inutiles (ex: frais administratifs, qui mangent une grande partie du budget de l’Education nationale…) pour pouvoir utiliser cet argent à des fins plus utiles : engager plus de professeurs pour avoir des classes aux effectifs plus réduits (donc avec plus de réussite) ou mettre en place des activités attractives. Les Établissements qui mettraient en place des pédagogies qui réussiraient seraient ainsi imités par les autres, ce qui pousserait le niveau des lycées vers le haut.

Et moi qui croyait que le marasme actuel avait montré les limites de la politique à la petite semaine, des théories griffonnées sur un coin de table sans le moindre début de tentative de vérification des axiomes fondamentaux…

En résumé, Alternative libérale ressemble à un parti de trentenaires sympathiques et dynamiques à qui la réussite a donné envie de faire de la politique. On continuera à les suivre s’ils font des efforts pour amarrer leur projet dans le monde réel.

Grippe porcine, et les pays pauvres ?

Quand quelques heures d’avion suffisent à mettre en contact ceux qui vivent avec cochons et canards et ceux qui, deux océans plus loin, ne quittent qu’à regret les atmosphères climatisées, le risque d’une pandémie planétaire somnole.

En fin de semaine dernière, l’Organisation mondiale de la santé a ainsi constaté qu’un virus combinant des gènes de la grippe porcine et de ses homologues aviaire et humain avait infecté des Mexicains et des Américains. Toute la semaine, avec cette espèce de curiosité mêlant inquiétude et soif de d’imprévu, nous avons découvert tous les matins avec le café le dernier cas suspect, le dernier pays touché. Vendredi, la nouvelle tombait enfin, tous les continents avaient désormais leur cas. De plus, il était avéré que la maladie s’était transmise directement entre humains. La pandémie était imminente. On allait enfin voir ce qu’on allait voir.

bateauCertains esprits chagrins se sont demandés pourquoi la réévaluation par deux fois du niveau d’alerte n’entrainait pas de mesures plus drastiques. De fins esprits  se sont même dits que si le premier cas à Shangaï étaient un voyageur revenant du Mexique, si le premier cas allemand avait été infecté par un ami californien, il était peut être nécessaire de restreindre quelque peu, quelques jours durant, les vols au départ ou à destination des foyers de l’épidémie.

Mais, l’OMS n’appelle pas à une restriction du trafic mondial. Les Etats-Unis, le Canada et le Mexique protestent quand leurs porcs sont interdits d’importation et les mexicains s’indignent quand de leurs ressortissants sont mis en quarantaine. D’ailleurs, les dernières informations montrent que les infections diminuent au Mexique, que la grippe se soigne bien ailleurs. On peut même se demander pourquoi un tel battage médiatique et à qui profite le crime…

Inutile donc de craindre un scénario à la marseillaise. En 1720, pour que le commerce prospère, des étoffes en provenance de Syrie avaient été déchargées d’un bateau alors que l’équipage était tenu en quarantaine en raison d’une suscpision de peste. Les puces cachées dans les draperies eurent tôt fait de décimer la population marseillaise (400.000 morts) et de l’arrière-pays malgré la tentative d’édification d’un hypothétique « mur de la peste » dans les colines provençales.

Aujourd’hui, l’OMS dit ne pas savoir « à quel point la pandémie peut être grave ou bénigne » mais le scénario le plus probable, selon les spécialistes, est celui d’une accalmie durant l’été suivie d’une reprise à l’automne que les pays riches devraient pouvoir juguler, forts de leurs stocks de Tamiflu (penser tout de même à vérifier les dates) et de leurs infrastructures de santé.

Et les pays pauvres ?

Qu’apprend-on aujourd’hui dans le canard enchaîné ?

Et bien on apprend que certaines caisses d’allocation familiales baissent le rideau une journée par semaine, voire plusieurs jours consécutifs pour tenter d’écluser les dossiers qui s’accumulent. A savoir, la transformation des différents minima sociaux en RSA, les inscriptions des petits nouveaux particulièrement nombreux ces temps-ci et … l’attribution de la prime de 200 euros que notre bon Président a bien voulu accorder dans son immense générosité aux familles les plus modestes.

C’était il y a deux mois et un débloquage rapide de ce petit coup de pouce (200 euros, c’est pas Bysance) aurait pu donner un (petit) coup de fouet à l’économie. Qui sait ? Les pauvres auraient pu se laisser griser, se ruer vers les supermarchés, peut-être même avoir confiance en leurs dirigeants, capables d’empathie et de réactivité ?

Mais on a fait l’annonce. Le P(Q)arisien a titré docilement « le virage social de Sarkozy ». Et puis on attend, on attend que l’administration décimée ait éclusé ses piles de dossier. On attend que les boîtes aient crevé, que les mecs se soient faits licensiés. Et dans deux mois pour les plus chanceux, dans six mois pour les autres, les chômeurs recevront leur petit chèque. Mais alors, il sera trop tard. Sarkozy n’aura pas fait pas de la relance, il aura fait l’aumône.

A vrai dire, on n’en est pas à notre première désillusion vis-à-vis de la capacité de nos gouvernants à gérer cette crise économique. Pour sortir du marasme, il a d’abord été question de relancer la construction de routes, constructions que l’on croyait enterrées depuis le Grenelle de l’Environnement. Ensuite, on nous a parlé TGV … omettant les procédures interminables qui renvoie le premier coup de pioche aux calendes grecques, quand bien même on aurait trouvé (sous le sabot d’un cheval) les 8 à 11 milliards d’euros pour relier Marseille et Nice, par exemple. Finalement, c’est presque le plan de rénovation des cathédrales qui parait le plus pertinent. Pas trop long à mettre en oeuvre, pas trop préjudiciable pour l’environnement…

Dans ces cathédrales, on pourra prier pour le Salut de notre Président que la Canard enchaîné, encore lui, dépeint comme plus occupé à lire les sondages neuilléens qu’à mettre de la cohérence dans son action. Selon l’hebdomadaire satyrique mais bien informé, il s’apprêterait à proposer un siège de député européen à la députée de Neuilly. Des élections législatives anticipées seraient organisées en Septembre. Un certain Jean Sarkozy, 23 ans tout juste, serait candidat.

De la merde dans les têtes

Les cadres de l’assureur AIG touchent 120 millions d’euros de prime. « C’est scandaleux, ce groupe a survécu grâce à l’argent des Américains » entend-on  Outre-Atlantique. Et Obama fait voter une loi qui impose à 90 % les primes des cadres du groupe. « Bravo, ça c’est l’Amérique » s’égosillent nos chroniqueurs radio. Et Sarkozy d’embrayer avec les stock options que les quatre de la Société générale voulaient s’octroyer pas très élégamment. Ils renoncent. Et c’est le tour du patron de Valéo…

Que de ressentiments envers les patrons, les banquiers et les patrons banquiers. Encore un petit effort et on va finir par comprendre à quoi servent les impôts. Hô hisse, c’est dur de réfléchir. Ca fait mal à la tête. Les impôts, ça n’est pas que pour punir les cadres qui ont mal fait leur travail, ça n’est pas que pour les patrons qui gagnent des millions. Allez, on y est presque. Poussez encore, Madame. Oui, ça vient. Les impôts ça sert à redistribuer l’argent des gens qui en ont à ceux qui n’en n’ont pas assez. Ca y est mais que c’était dur.

Mais, voilà les gens ont de la merde dans la tête. Gad Elmaleh en est le prototype : incapable de réfléchir par lui-même, de sortir des axiomes prémâchés ressassés par l’establishment et ses médias. Il dit « 50 %, ça suffit, c’est déjà énorme ». D’autres disent « on va pas bosser jusqu’au 1er juillet pour rien » (cf Stéphane Guillon sur France inter). Incapables de douter, de se demander si l’africaine qui fait les bureaux, le mec du kiosque en bas ou l’instit des mômes sont à ce point là inférieurs aux « patrons du Cac 40 », s’ils « valent » vraiment 1000 fois, 100 fois, ne serait-ce que 10 fois moins.

Incapables de cette remise en question et pleins de mauvaise foi. Ce qui fait mal à Gad Elmaleh, c’est le montant qu’on lui prélève. Dans sa perspective, plus tu gagnes, plus les impôts qu’on te demande sont énormes et injustifiés. Peu importe ce qu’il lui reste pour vivre. C’est qu’il a peur de manquer le petit Gad. Il ne veut pas se rendre compte que des petits malins s’évertuent à lui créer des besoins et des codes de nouveaux riches : Rollex avant 50 ans pour les plus « modestes », séjours dans les palaces des plages mexicaines, voire tourisme spatial pour les plus fortunés. On entretient sa frustration là ou certains ont du mal à remplir leurs frigos. Avidité, quand tu nous tiens… Je n’irai  pas voir le film de Gad Elmaleh, je ne voudrais pas qu’il ait mal aux impôts qu’il paiera sur mon entrée.

Pourtant la crise est là pour fluidifier la réflexion des imbéciles. Ceux qui amassaient en un an ce que d’autres auraient mis plusieurs vies à gagner et se justifiaient en évoquant leurs RESPONSABILITES ont bien montré qu’ils ne contrôlaient pas grand chose, pas beaucoup plus que la femme de ménage de la Défense ou l’instit de Périgueux. Il faut vraiment avoir la merde bien tassée dans la boîte cranienne pour ne pas se rendre compte, maintenant, que rien ne justifie les inégalités, abyssales ou plus modérées, que connaissent les pays industrialisés, pour ne parler que d’eux.

Pire, si on poussait extrêmement loin la réflexion, on se rendrait compte qu’un peu de redistribution aux USA aurait permis aux Américains modestes d’acquérir une maison, une voiture sans avoir à contracter ces emprunts risqués. Un peu de redistribution aux USA aurait empêché tous les Madoff de jouer avec le feu en proposant ces produits financiers risqués (la fiscalisation très élevée des très hauts revenus rendant ce type d’entreprise peu profitable) et toutes les familles aisées d’avoir trop de pognons à y placer. Autrement dit redistribuer aurait permis d’éviter aux pauvres de faire des conneries en empruntant et aux riches de faire des conneries en spéculant. Tout bénef…

Mais pour en arriver là, faut être au moins prix Nobel… Genre, être capable de ne pas réfléchir en tant qu’individu à qui l’on spolierait la moitié de son butin mais comme observateur de la société et de son fonctionnement. Une vraie prouesse, quoi…

Et si conceptuellement, c’est trop dur, voilà une image :

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Qu’apprend-on ? De la crise de 29 aux années 60, les Etats-Unis ont appliqué un taux d’imposition de près de 90 % sur la dernière tranche des très hauts revenus.  Oui oui, il s’agit bien des Etats-Unis … avant la révolution conservatrice des années 70 et ses jeunes obligés de partir en Irak pour se payer des études, ses hôpitaux qui  vous demandent si vous êtes assurés avant de vous soigner. On appelle cela un taux d’imposition confiscatoire, vous avez bien lu, confiscatoire.  En fait, peu de personnes étaient imposés sur la dernière tranche. Un tel système décourageait les très hauts revenus. Cela n’a pas empêché les dirigeants de s’investir  et le capitalisme de prospèrer. Cela aurait juste découragé les cupides Madoff and Co de monter des affaires risquées. Et puis, ça a été la descente aux enfers…

Et dire qu’en France, depuis une dizaine d’années nos élites « éclairées » veulent nous amener sur cette voie en nous racontant qu’en laissant les riches s’enrichir, la richesse ruissellera vers les pauvres et qu’à l’inverse trop d’impôt tue l’impôt en  faisant fuir le contribuable aisé en Suisse… Résultat un déficit de plus de 100 milliards d’euros en 2009, en partie du aux baisses d’impôts consenties depuis 2000 :

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Et aujourd’hui, notre triste establishment, l’hebdomadaire Marianne en tête, de disserter sur l’erreur de Sarkozy, lui qui refuse de revenir sur les 3 ou 400 malheureux millions d’euros que représente  le bouclier fiscal.  Et nos médias de relayer l’indignation d’untel ou untel sur les parachutes  dorées, stock options et autres primes accordées aux cadres de l’industrie et des banques. C’est de l’enfumage de nantis et/ou d’imbéciles caractérisé.

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que ce que la crise impose c’est  de remettre à plat le bouclier fiscal mais aussi l’ensemble du paquet fiscal, les baisses d’impôts sur le revenu consentis par Chirac et même les premières niches fiscales concoctées par Jospin.

Et nos pauvres syndicats qui tergiversent sur la suite à donner aux manifestations. C’est pourtant simple les gars. Demandez au gouvernement de faire le point sur les baisses d’impôts consentis depuis 2000 et de faire des propositions pour rétablir la justice et l’efficacité fiscale. Et on voit le 1er mai dans la rue si ça convient, si ça convainc…

Ouvrez vos esgourdes…

Politique 2.0 est dans Vendredi hebdo. Courez l’acheter.

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Le terrible miroir mexicain

Ils ont passé un week end en amoureux dans un palace au bord du Pacifique. En même temps, Carla, c’est pas le genre de fille que t’emmènes chez ta Grand tante dans le Loir et Cher. Et puis franchement, qui ne s’est jamais arrangé pour caler le vendredi sa réunion avec la succursale de Biarritz ou d’Ajaccio ? Bon là, c’est un week end qui aurait coûté dans les 50.000 euros. Bon là on ne sait pas qui a payé. Mais si l’Elysée a cherché à camoufler l’affaire, c’est probablement parce que c’est Carla qui invitait. Franchement, le Président de la 6ème puissance du Monde qui se fait entretenir par une femme, ça fait pas sérieux. La voilà l’explication, les gauchistes. Rien de plus. J’espère que Nico aura pensé à enlever sa rollex… Bah oui pour le bronzage.

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Et puis, ils n’ont même pas profité complètement du week end. Ils ont dû visiter les pyramides de Tehotiuacan, « le lieu qui fait les hommes dieux » et dîner avec l’ignoble Président mexicain et son épouse.

Obligés de parler du cas Cassez, cette jeune française arrêtée avec son ex-compagnon condamné depuis pour enlèvements et séquestrations. Elle avait attendu 24 heures avant que l’arrestation puisse être rejouée pour les télés. Imaginez Sarkozy dîner avec ce looser. Lui, il n’a jamais rien fait rejouer. Lui, c’est un bon. Il appelle les télés avant de faire débarquer les 100 flics dans la cité…

Et puis l’instruction est bourrée de vices de procédures. Et envoyer là-bas notre Défenseur de la présomption d’innocence de « l’assassin du Préfet Erignac ». Lui qui n’hésite pas à dévisser les procédures quand elles sont injustes… Quand un journaleux de Libération est fouillé au corps, on supprime le juge d’instruction.

Et Cassez a été condamnée à 60 ans sans preuve, pour sauver la face d’un Ministre. En France, le Pays-des-Droits-de-l’Homme, quand on maintient un terroriste en détention, c’est parce qu’on a trouvé des indices crédibles chez lui : un coupe-boulon, un livre de gauche…

Et maintenant, Cassez veut être transférée des ignobles geôles mexicaines vers les prisons françaises déjà réputées bien mieux que les prisons moldaves et que la loi pénitentiaire examinée en urgence va probablement transformer en éden.

Et pour obtenir qu’une Commission libère Cassez d’ici quelques semaines, quand les yeux de l’opinion mexicaine révulsée auront été détournés, notre Président a été obligé de saluer l’indépendance de la justice mexicaine. Mais ça n’est pas un week end en amoureux ça. Pour cet Homme qui a chevillé au corps le principe d’indépendance de la justice … à la séparation des pouvoir, c’est pire qu’un chemin de croix. Il n’a même pas pu la ramener avec lui, triomphateur. Ah, ces commissions à tout bout de champ…

Et encore, le calvaire n’était pas fini… Il a fallu signer des contrats. Il a fallu annoncer la vente de 8000 caméras de surveillance pour équiper Mexico et de 6 hélicoptères de combats. On a de très beaux élevages de colombes en France. Mais à l’export, ça marche pas fort. Il aurait aimé vendre des éoliennes, des panneaux solaires… Mais en France, on a Dassault, Thales et Eurocopter.

Allez, c’est vrai, avant de partir, notre Président a quand même pu donner libre cours à ses aspirations philanthropiques. Il a annoncé la construction d’une usine de vaccins par … Sanofi. Et avec Carla, il a décrété que 2011 serait l’année du Mexique.

Et on veut nous faire croire que c’était des vacances.

Les libéraux bougent encore (1/2)

La crise débouchera-t-elle simplement sur de nouvelles « régulations » de la finance mondiale ou remettra-t-on en question les inégalités profondes au sein même des pays les plus riches ? Peut être verra-t-on même un nouveau modèle économique émerger ? Qui sait, l’homme, ce salarié-consommateur qui a l’illusion d’exister grâce aux médias de masse, prendra peut-être le contrôle de la matrice ?

Qu’est-ce que cette économie verte vantée à longueur de discours ? Mettra-t-on un pansement sur une jambe de bois à grands coups de subventions gouvernementales ou se dirigera-t-on vers des modes de vie moins à consommateurs et destructeurs ?

Ces dernières semaines, vous-êtes vous surpris à avoir une réflexion « décomplexée », à rêver ? Avez-vous eu le sentiment que la crise avait brisé les tabous qui nous enchaînaient ?  Peut-être, avez-vous même eu pitié pour Nicolas Sarkozy, ce triste résidu des Seventies, pensiez-vous, qui ne manquerait pas d’être emportée par la lame de fond symbolisée par Obama et ses projets de sécurité sociale ?

Hélas, j’ai le regret de vous annoncer que la partie est finie. J’espère que vous en avez profité. En une, le Monde relatait hier comment le Fonds monétaire international (FMI) a conditionné son soutien à la Lettonie et la Hongrie à la réduction de leurs dépenses publiques et plus précisément à la baisse des émoluments de leurs fonctionnaires. Trop occupé, son Directeur général n’a manifestement pas réformé la doctrine de l’institution…

Quant à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elle recommande à la France, dans son rapport « objectif croissance 2009« , d’assouplir sa législation du travail et de limiter la hausse du salaire minimum.

Sans grande surprise à vrai dire, les institutions internationales, ont donc opté pour le statut quo et l’explication a minima : c’est la défaillance des régulations qui a causé la crise. Il faut instaurer de la TRANSPARENCE sur les marchés financiers.

Dans la guerre d’interprétation de ce qui est en train de se passer, les plus tenaces libéraux expliquent en fins dialecticiens que c’est la présence des Etats, même résiduelle, qui a induit la crise. En leur absence, de telles bulles spéculatives n’auraient pas enflé. Les plus modérés concèdent du bout des lèvres que la levée des entraves à la circulation des capitaux qu’ils ont supportée a eu des effets pervers inattendus. Ils estiment qu’une réforme de la finance mondiale suffira à faire disparaître les risques.

Dans le monde paradisiaque que les libéraux nous promettent après cette réforme, il n’y aura plus de crise. Ne nous attardons donc pas sur le fait que les pays où la dépense publique est forte sont aujourd’hui moins exposés aux difficultés. Inutile de constater que les pays qui ont le mieux appliqué la sauce des institutions internationales, à base de liquidation des services publics et de détricotage du droit du travail, comme les Etats-Unis, l’Angleterre ou l’Irlande, sont ceux qui plongent. Continuez comme hier puisque demain, on rase gratis.

Cette crise, pourtant largement désignée comme la plus profonde depuis la grande dépression, a donc échoué à remettre en question les certitudes libérales. Tout peut continuer comme hier. Sous des atours de recherche de la croissance mondiale mâtinée de préservation de l’environnement (!) et sournoisement assimilée au bonheur universel et à la prospérité collective, les institutions internationales peuvent persister à promouvoir la compétition entre les économies mondiales au profit d’un petit nombre de privilégiés transnationaux et refuser de chercher à limiter ce que cela a de plus destructeur.

Manifestement peu convaincu par l’attentisme des institutions, l’économiste américain de gauche Immanuel Wallerstein déclarait il y a quelques mois au Monde, « il existe aujourd’hui un laps de temps pendant lequel nous avons chacun la possibilité d’influencer l’avenir par notre action individuelle ». La preuve est faite que nous ne pouvons compter que sur nous-même.

Erreur de casting

Quand j’ai appris il y a quelques semaines que notre cher Président avait cherché à débaucher Lilian Thuram pour le faire entrer au gouvernement, j’ai hésité à prendre la plume. Je voulais lui parler de la différence entre un casting et un gouvernement, entre la politique et le cinéma. Je voulais lui parler de ces blockbusters américains qui font tourner un frenchy non pas pour son talent (le cas échéant), mais parce qu’il fait vendre dans l’hexagone. Je voulais lui dire que si le cosmopolitisme d’un casting permet de multiplier les entrées dans les salles obscures des quatre coins de la planète, la « diversité » d’un gouvernement ne permet pas d’en masquer les insuffisances. Je ne l’avais pas fait.

nouvelle-france-regions-274x300Et heureusement. Heureusement parce que l’actualité m’aurait fait dire le contraire aujourd’hui. Monsieur Sarkozy, pourquoi avoir demandé un rapport sur l’organisation territoriale française à Monsieur Balladur ? Pourquoi avoir confié un tel travail à quelqu’un qui incarne le « temps jadis » (les années Chirac pourrait-on dire), le parisianisme (en son temps député du 15ème arrondissement de Paris) et la vanité (les médias satyriques l’appellent Sa Suffisance) là où les circonstances imposaient exactement l’inverse ? Même Jack Lang aurait été mieux.

En ces temps difficiles où les salariés malmenés par la mondialisation (pardon, la globalisation), licenciés, s’accrochent, qui à leur identité picarde (c’est dire si les temps sont durs :-)), qui à leur numéro de département sur une plaque d’immatriculation, en ces temps difficiles où les élus discrédités s’accrochent à leurs mandats locaux, peut-être eut-il été intelligent d’élargir le débat quelque peu au-delà de la cinquantaine de personnes auditionnées ?

Avant de proposer des mesures qui, légitimes ou pas, ne devaient pas manquer de faire grincer des dents, peut-être eut-il été avisé de chercher à établir dans l’opinion française le consensus sur quelques grandes questions du genre : quels  sont les avantages et les inconvénients du grand nombre de régions et de départements en France ? Faut-il maintenir le statut quo, supprimer des échelons administratifs ou bien clarifier leurs compétences ?

En résumé, le syndrome Rachida Dati et la carte judiciaire risque de faire une nouvelle victime. Edouard Balladur et sa réforme des collectivités. Pourquoi telle hécatombe ?

J’ai bien une réponse à toutes ces questions. Chirac disait de Juppé qu’il était « le meilleur d’entre nous », Sarkozy est probablement le plus bête d’entre nous. Cet homme est en effet gentiment persuadé qu’il suffit de volonté et de déplacements en Province (mais pas en Guadeloupe, vous l’avez noté), pour faire les réformes-dont-la-France-a-besoin, celles que ses prédécesseurs, les « rois fainéants », ont bêtement, paresseusement ou lâchement abandonnées. En somme, il veut transformer la France à la bite et au couteau. Manque la cervelle. Dommage.

Mais ne nous dédouanons pas de toute responsabilité. Comment a-t-on pu élire quelqu’un qui n’a pas plus de recul sur l’excercice du pouvoir qu’un gamin de 12 ans ? Là, je n’ai pas de réponse. Confions à Lilian Thuram un rapport sur la question.

Victoire à la Pyrrhus face au gouvernement

troie12,6 Milliards pour les gens modestes avant hier, 600 millions pour l’Outre mer aujourd’hui. Réjouissez-vous pour les familles qui vont vivre un peu mieux quelques jours durant. Mais ne croyez pas avoir imposé un hypothétique « virage social » au gouvernement. Ne croyez surtout pas lui avoir joué un mauvais tour. Bien au contraire. Du pain béni.

« Si nous devons remporter une autre victoire sur les Romains, nous sommes perdus », c’est ce que disait le roi grec Pyrrhus peu de temps avant la débâcle de son armée exsangue face aux Romains. C’est aussi ce que devraient se dire Thibaut, Chérèque et Aubry avant la mobilisation du 19 mars. Eux qui sont déjà, pour filer la métaphore héllénistique, dans la situation des Troyens voyant les Grecs s’éloigner en laissant derrière eux le magnifique cheval.

Qu’on en juge. Quelques 20.000 Californiens doivent recevoir ces jours-ci une charmante missive leur apprenant leur licenciement « probable » en juillet. En panne de recettes fiscales, l’Etat de Californie n’a tout simplement plus les moyens de payer ses fonctionnaires.

Voilà ce qui se profile chez nous dans quelques mois, quelques années. Le déficit va grimper, grimper… Et il ne restera d’autres solutions que de d’en finir avec l’Ecole, l’Université, l’Hôpital… Les classes populaires que l’on aura voulu aider pendant la crise en feront finalement les frais. Quel beau cadeau aux libéraux. Quel cruel paradoxe.

Le 19 mars, demandons enfin un peu de solidarité entre la France d’en haut et la France d’en bas, entre la France d’aujourd’hui et la France de demain. Réclamer des mesures face à la crise ne suffit pas, il faut les financer dès aujourd’hui.

Revenons sur le paquet fiscal pour payer le paquet social.

Ne tuez pas la poule aux oeufs d’or

03delacroixDevant les associations familiales, le Président annonçait vendredi sa volonté de réformer le congé parental, « Gâchis pour la société dans son ensemble, parce que sont maintenues en dehors du marché du travail près de 800.000 femmes chaque année ». Quel lyrisme. On dirait une fresque de Delacroix. Les femmes, poitrines au vent, s’arrachant à leur marmaille morveuse et hurlante pour le marché du travail qui leur tend les bras, rassurant, protecteur. C’est vrai que le marché du travail avec ces dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires chaque mois, elles doivent lui manquer ces 800.000 femmes ! D’ailleurs, renseignements pris, le congé parental est aussi destiné aux hommes, d’où son nom. Mais ça le Président devait l’ignorer.

Mais, quelques lignes plus loin, le Président se reprend : « L’arrêt de travail ne doit plus être une solution par défaut pour les familles. Il ne peut plus être le mode de garde des jeunes enfants auquel on doit se résigner parce que l’on n’a pas le choix ». Mais nous ne sommes pas des perdreaux de l’année (nous sommes en fait dans notre deuxième année de sarkozysme) et nous savons que c’est maintenant qu’il faut tendre l’oreille.

Et le Président d’annoncer tout de go que 200.000 places supplémentaires d’accueil vont être créées d’ici 2012, le congé parental raccourci favorisera le temps partiel et enfin les parents bénéficieront durant leur congé d’une formation professionnelle et d’une aide renforcé au retour à l’emploi. Rien que ça. Alors, là on a tout compris. On va nous sucrer le congé parental et les promesses resteront lettre morte. Comme tant d’autres.

Mais l’objet de ce billet n’est pas d’analyser la mesure. Lisez plutôt ce billet d’hypos. Il s’agit plutôt d’avertir l’homme qui quelques semaines avant son élection voulait légaliser le crédit hypothécaire et pestait contre ces Français qui épargnaient trop et ne consommaient pas assez.

La France n’est pas le pays que l’on croit. Certes, elle exporte quelques airbus, des EPR (mais pas de rafales même en déroulant le tapis rouge à Kadhafi). Mais son déficit commercial est toujours dans le rouge tendance cramoisie : 40 milliard en 2007, 60 milliard en 2008… La faute aux PME qui n’exportent pas … mais peu importe.

En fait, la France c’est un peu comme l’Afrique.  Son économie tient essentiellement aux bouches qu’il lui faut nourrir, vêtir, distraire…  Une  économie vivrière en somme. Ca n’est pas les de Margerie et autres Proglio qui maintiennent la France à flot et encore moins les cravatés de Bercy ou de l’Elysée. Ceux qui portent le pays à bout de bras, c’est les papas et les mamans de la vie de tous les jours. C’est vrai qu’en ces temps d’hyperpouvoir et d’omniprésidence, c’est dur à entendre. Mais c’est ainsi.

Dans ces conditions, pourrait-on conseiller à notre Président de ne pas tuer la poule aux oeufs d’or. Et les récentes déclarations du Ministre Darcos qui ne fait pas mystère de vouloir supprimer les premières années de maternelle ne sont pas faites pour nous rassurer. Nous prions donc ces gentils politiciens avides d’annonces de ne pas jouer aux apprentis sorciers.

En effet, si les françaises font chacune 2,02 enfants en moyenne, c’est notamment du fait d’une prise en charge précoce des enfants par la collectivité et de prestations sociales généreuses… N’allez donc pas briser ce qui fait la force de la France pour un abaissement de la dépense publique et des charges sociales aux effets illusoires.

Comme on dit, mieux vaut un « tiens » que deux « tu l’auras ».